Il y a quelques temps, j’ai eu l’opportunité de faire une interview d’Emma Daumas que je connais depuis 15 ans maintenant…(ça ne nous rajeunit pas… )

J’avais à l’époque travailler pour elle en m’occupant de son fan club. Une belle expérience !

Voici pour vous la retranscription de l’interview que vous pourrez retrouver dans le magazine Octopus.

L’écriture « littéraire » est quelque chose d’assez « nouveau » pour toi. Quelle est ta démarche d’écriture?  Comment t’y prends-tu ?

Pour ce premier roman, ce fut complètement instinctif. Je n’avais aucun repère forcément, du coup je ne me suis mis aucune barrière de style. Par contre j’ai beaucoup réfléchi en amont sur la trame, les personnages et leurs problématiques, sur les mécanismes dont j’avais envie de parler. Et comme c’est un sujet qui me touche en profondeur, il m’a fallu aussi du temps pour me détacher de mon histoire et pour qu’Annabelle trouve sa voie propre. Ecrire, c’est beaucoup de travail, une discipline de fer dans une solitude métaphysique, surtout pour un roman qui est un exercice plus long et fastidieux qu’une chanson. J’ai du mobiliser beaucoup de concentration, c’est devenu quasiment une obsession.

Quelle est « l’histoire » de « Supernova » ?

Supernova c’est l’histoire d’un choc ! Un bouleversement tellement énorme qu’il change votre vie entière et vous oblige à vous dépasser, pour le dépasser. C’est l’histoire d’une jeune chanteuse passionnée, propulsée en un clin d’oeil au sommet de la gloire par un télé-crochet et dont les illusions de petite fille vont se confronter à la dure réalité du show-business pour évidemment, voler en éclat. Mais c’est aussi l’histoire d’une résilience, car après chaque épreuve l’important reste ce que l’on en fait pour se reconstruire.

Pourquoi « Supernova » ?  

Car c’est « L’explosion spectaculaire des étoiles massives qui, vidées de leur substance, s’effondrent sur elles-mêmes ». Je trouvais à la fois fou et merveilleux qu’un phénomène cosmique s’applique à un être humain !

Quel était ton objectif avec l’écriture de ce roman ?

Mon objectif était que le récit soit captivant parce qu’il sonne vrai, sans raconter ma vie. C’est ce qui me plaît en général dans l’écriture, aller puiser dans mon expérience pour en faire des thématiques plus « universelles », qui peuvent toucher d’autres gens que moi, des problématiques humaines en fait.

Qui ou quelles sont tes inspirations ?

Je suis mon propre cobaye, tout ce que je vis, traverse, ressens se transforme en matière à écrire. Depuis toute petite je cherche des moyens d’exprimer mes émotions car je suis incapable de les garder enfouies. Je dois les partager ! Pendant longtemps, je l’ai vécu assez égoïstement, sans me soucier de comment cela pouvait être reçu. Aujourd’hui j’ai compris que la réception de mes « thématiques » est un élément très important, car si je parviens à me faire entendre avec justesse, alors cela me lie au reste du monde, nous formons une communauté, en ressentant des choses similaires nous nous unissons ! Et ça me plaît de penser que les artistes populaires sont là pour réunir les gens.

Dans ton roman, Bella déteste que les fans l’appellent par son vrai prénom. Est ce que c’est pareil pour toi?

J’ai un problème avec les amitiés superficielles. Je n’aime pas les relations galvaudées et intéressées, pour moi, un ami est quelqu’un avec qui je partage des idées, des sentiments, des discussions passionnées ou des problématiques sincères et profondes, ça prend du temps de se reconnaître ! Alors c’est vrai que lorsque quelques « fans » ont essayé de m’appeler de la même manière que mes amis d’enfance, j’y ai vu une tentative de rapprochement, de création de liens qui n’existaient pas. En général, ça me choque et me pousse à m’éloigner d’eux. Pourtant, je comprends cette envie de se lier à quelqu’un dont on se sent proche et qu’on admire, moi même ça m’arrive avec certains artistes que je croise ! Mais il faut savoir respecter et instaurer une distance nécessaire à chacun pour protéger son intimité. L’expérience d’après télé-crochet m’a appris à être vigilante à ça.

Y a t’il une question que l’on ne t’a jamais posé et à laquelle tu aimerais répondre?

Il y en a certainement des millions qu’on ne m’a pas posées ! Je reste ouverte à entendre toutes les questions, même si je m’autorise parfois à ne pas y répondre !

Quelles sont tes autres actualités ? Notamment musicales?

Après la sortie d’un mini album en Mai dernier, je m’apprête à rentrer en studio pour enregistrer les chansons qui viendront compléter Vivante, une sortie d’album est prévue à l’automne prochain. Puis, mes musiciens et moi partirons à la rencontre du public pour une petite tournée… J’ai hâte !

Quelle est la différence et le point commun entre l’écriture d’une chanson et l’écriture d’un roman ?

Si l’objectif est le même en ce qui me concerne, c’est à dire parler de l’être humain en parlant de moi, la technique est très différente. Pour une chanson, il faut évidemment penser « musique », un texte doit contenir sa mélodie propre. Il faut aller doit au but puisqu’il est court, tout en faisant sonner les mots, leur donnant du rythme, en les faisant rimer, on doit concentrer une idée en peu de phrases et la transmettre sans en avoir l’air puisque c’est la musique qui la diffuse… Pour un roman au contraire, il faut étirer une idée, pas forcément des phrases d’ailleurs car évidemment il faut également trouver une efficacité et une lisibilité, mais le roman prend le temps, s’arrête sur des détails, des images, des personnages, il multiplie les problématiques, les tord dans tous les sens, il foisonne ! En fait, je crois que la principale différence c’est que le roman se vit principalement dans la tête alors que la chanson se vit principalement dans le corps.



Faire des albums, écrire des chansons… qu’as-tu envie de faire ensuite ? Un rêve peut-être?

Je travaille en tant que chanteuse sur une œuvre de l’artiste contemporain Maxime Rossi et nous jouerons une performance le 3 Mars au Musée du Quai Branly à Paris. Je continue d’écrire bien sûr, un deuxième roman dès que j’en aurais le temps mais d’abord pour les enfants car j’aimerais beaucoup publier un livre de contes l’année prochaine. Je rêve d’écrire un conte musical aussi, avec mon compagnon, pour notre fille. Voyager, monter des actions collectives dans mon village pour l’environnement et l’éducation… Bref, c’est le début de l’année, nous avons tous nos bonnes résolutions, combien en réaliserons nous ? 😉

Crédit photo @JustineEmard

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